Il n’a jamais confirmé publiquement
son désir de diriger un jour le Québec.
Après sa maîtrise à Harvard, l’ancien
«jeune ministre» péquiste André
Boisclair s’installe même à Toronto!
Par
Konrad Yakabuski
L'actualité
15 avril 2005
Sur le campus de la John F. Kennedy School of Government,
où il étudie depuis septembre, André
Boisclair avance, de la neige jusqu’aux genoux,
vers une fontaine fermée pour la saison. L’ex-ministre
du Parti québécois déblaie le monument,
dévoilant une citation du président américain
assassiné en 1963. Les quatre questions au moyen
desquelles, selon Kennedy, les historiens devraient
juger les leaders: «Furent-ils des hommes courageux?
intègres? dévoués? avisés?»
André Boisclair lit à voix haute et sourit.
Comme si tout était soudainement clair pour celui
qui aspire à diriger, un jour peut-être,
le Québec.
Une autre citation de Kennedy, sur une des colonnes
à l’entrée du campus, retient l’attention
du «jeune vieux» ex-ministre. Elle est tirée
d’un discours prononcé peu après
la crise des missiles de Cuba, en 1962: «Quel
genre de paix recherchons-nous? Pas une pax americana
imposée au monde par des armes de guerre américaines.
Pas la paix du tombeau ou la sécurité
de l’esclave. Je parle de la paix authentique
[...] — pas seulement une paix pour les Américains,
mais une paix pour tous les hommes et les femmes.»
Cette citation, André Boisclair l’a remarquée
pour la première fois l’été
dernier. Il venait d’être admis à
Harvard, dans un programme d’études d’un
an — et d’environ 35 000 dollars américains
— réservé à des professionnels
triés sur le volet, surtout de la haute fonction
publique, à mi-carrière. Et il devait
décider s’il allait foncer. Foncer voulait
dire quitter sa famille politique, le Parti québécois,
qui l’a presque vu grandir, depuis sa première
élection, dans Gouin, en 1989, à l’âge
de 23 ans. Foncer signifiait aussi sortir de sa «zone
de confort», remettre en question ses certitudes,
se consacrer entièrement aux études et
à la réflexion. Pour un homme qui n’avait
connu que la vie politique, on comprend que le changement
ait paru aussi intimidant qu’excitant.
Que l’on ne s’y trompe pas: André
Boisclair n’est pas en sabbatique. Il travaille
presque aussi fort qu’au temps où il était
ministre d’État aux Affaires municipales
et à la Métropole, à l’Environnement
et à l’Eau — de janvier 2002 jusqu’à
la défaite du Parti québécois,
en avril 2003. À la différence qu’il
tape désormais lui-même ses devoirs (en
anglais), prépare lui-même ses exposés
et repasse lui-même ses chemises. «J’ai
toujours évolué dans un environnement
où j’ai été soutenu. Dans
tout ce que j’ai fait comme député
ou ministre, il y avait le Parti québécois,
un caucus qui m’appuyait. Il n’y a rien,
dans ce que j’ai fait, que j’ai accompli
seul», explique André Boisclair, dans un
restaurant du quartier chic de Beacon Hill. «Là,
je suis seul avec moi-même. J’avais grandement
besoin d’acquérir cette liberté.»
L’écrivain et dramaturge irlandais Oscar
Wilde a déjà dit: «Je ne suis pas
assez jeune pour tout savoir.» André Boisclair
en est une bonne illustration. Lorsqu’il est recruté
par Jacques Parizeau pour être candidat dans Gouin,
il quitte l’Université de Montréal,
où il étudiait en sciences économiques.
Sans diplôme. Sûr de lui, le jeune député
se démarque vite par sa franchise et son intelligence.
Trop, au goût de certains, y compris, à
quelques reprises, de son chef. «J’étais
le petit “smatte”, avoue André Boisclair.
J’avais gardé un peu de l’arrogance
de l’adolescent. Je suis à découvrir
la sérénité de l’homme adulte.»
À 39 ans, il se retrouve à l’université
et est conscient qu’il n’en sortira pas
en sachant tout. Avec ses quelque 240 condisciples venant
de dizaines de pays, il approfondit ses connaissances
en économie, en études environnementales
et en politique énergétique. Il carbure
aux lectures, s’abreuve du savoir de ses profs.
Les questionnements sont quotidiens à Harvard.
«Un dialogue intérieur s’amorce chaque
jour», dit-il. Comme lorsqu’il a entendu
Natan Sharansky, le célèbre dissident
soviétique et actuel ministre israélien
de la Diaspora, donner une conférence cet hiver.
Le discours de cet ardent défenseur de la politique
de George W. Bush en Irak a quelque peu ébranlé
les convictions d’André Boisclair —
qui a marché avec des milliers de Montréalais,
en mars 2003, pour manifester contre la guerre. «Sharansky
dit de ne pas serrer la main des dictateurs, parce que
ça décourage les dissidents. Voilà
qui enrichit ma réflexion. Mais je demeure un
fervent apôtre du multilatéralisme. Aucun
pays ne peut agir seul.»
En étudiant le leadership, André Boisclair
découvre que celui-ci a bien peu à voir
avec les certitudes. En politique comme en affaires,
un bon leader doute constamment et ne se présente
pas avec la solution à tous les maux, a-t-il
retenu d’un séminaire avec Ronald Heifetz,
sommité dans le domaine. Pour Heifetz, faire
preuve de leadership consiste à «mobiliser
les gens pour qu’ils affrontent les problèmes»
et à «faire ressortir leurs qualités
les plus nobles». Parmi les dangers qui guettent
tout leader: sa marginalisation par ceux qui se refusent
à affronter les problèmes sous prétexte
qu’il existe une solution magique. Heifetz semble
avoir eu une telle influence sur André Boisclair
que ce dernier a remplacé le proverbe bouddhiste
à la fin de ses courriels par une citation du
professeur!
Il est difficile d’aborder le sujet du leadership
avec André Boisclair sans parler du Parti québécois
ou de ses propres ambitions. Le chef, Bernard Landry,
est actuellement coincé entre l’aile dite
«orthodoxe» du parti, qui le critique pour
avoir écarté la possibilité d’une
élection référendaire, et l’aile
plus pragmatique, qui craint que sa promesse d’un
référendum sur la souveraineté
«le plus tôt possible dans le mandat»
ne prive un éventuel gouvernement péquiste
de sa marge de manœuvre. Cette question domine
les discussions sur le leadership de Landry. André
Boisclair, lui, trouve le débat quelque peu stérile:
«Ce n’est pas un changement de leadership
qui va régler les angoisses des souverainistes.
Pourquoi ce besoin de certains militants de toujours
exiger une profession de foi, d’être rassurés
à chaque conseil national sur les convictions
des leaders souverainistes?»
André Boisclair dit faire partie de la génération
des souverainistes pour qui le désir de bâtir
un pays ne s’est pas manifesté en réaction
au Canada anglais. S’il veut la souveraineté,
dit-il, c’est parce qu’il croit que les
Québécois de toutes origines sont porteurs
de projets — en environnement, en social-démocratie,
entre autres — qui peuvent faire une différence
dans le monde. Au lieu de s’inquiéter de
la date du prochain référendum, les souverainistes
devraient méditer sur les erreurs du passé,
soutient l’ancien ministre. Parce que, comme le
dit Ronald Heifetz, «on a tous une part de responsabilité
dans nos propres échecs». Et quelle serait
celle des souverainistes?
André Boisclair réfléchit longuement.
«Combien de Lucien Bouchard faudrait-il pour faire
contrepoids à un Yves Michaud?» laisse-t-il
tomber. Quand la vieille garde souverainiste commence
à parler d’ethnicité, comme l’a
fait Michaud, les opposants à la souveraineté
oublient vite les mains tendues aux anglophones et à
la communauté juive.
Yves Michaud, rappelons-le, est ce souverainiste de
la première heure, grand ami de Bernard Landry,
qui, en 2000, a traité le mouvement B’nai
B’rith de «phalange extrémiste du
sionisme mondial» et suggéré que
le peuple juif n’avait pas été le
seul à souffrir dans l’histoire de l’humanité.
Blâmé par l’Assemblée nationale,
celui que l’on a jadis surnommé «le
Robin des banques» a vu s’évanouir
ses chances d’être candidat péquiste
dans Mercier. L’incident a divisé les rangs
souverainistes et aurait même précipité
le départ du chef du parti et premier ministre,
Lucien Bouchard.
André Boisclair sait qu’en évoquant
«l’affaire Michaud» il risque de se
faire autant d’ennemis que d’amis. Mais
il n’a jamais reculé dans sa bataille pour
élargir les bases du Parti québécois.
Déjà, en 1993, il a subi les foudres de
Jacques Parizeau pour avoir dit qu’il voulait
«dépéquiciser» la souveraineté.
«Nous devons continuer à tendre la main,
à ouvrir nos portes et à dénoncer
l’intégrisme, qui, même s’il
nous garde au chaud, nous guidera droit à l’asphyxie,
avait-il dit alors. Les gens qui se replient sur eux-mêmes
font fausse route et il y en a pas mal au PQ.»
Jacques Parizeau a réagi sèchement à
l’époque. «Ce jeune Boisclair n’existe
plus», a-t-il déclaré aux médias.
Douze ans plus tard, enhardi par 15 années dans
l’arène politique et épanoui par
ses études, le «jeune Boisclair»
constitue une force grandissante au sein de son parti.
Après ceux de Pauline Marois, François
Legault et Gilles Duceppe, son nom est le plus souvent
évoqué par les militants comme éventuel
successeur de Bernard Landry. André Boisclair
n’a jamais, publiquement du moins, déclaré
son intérêt pour le poste. Mais ses ambitions,
et ses compétences, sont bien connues à
Québec. «J’ai toujours dit à
André, même quand il avait 20 ans, qu’il
allait occuper toutes les fonctions au Parlement, rappelle
l’ex-ministre Louise Harel, la doyenne de l’Assemblée
nationale. Quand? Je ne sais pas. Mais ça se
produira.»
À la différence, par exemple, d’une
Pauline Marois, âgée de 56 ans, André
Boisclair sait que la prochaine course à la direction
ne sera pas celle de la dernière chance. Il n’est
d’ailleurs même pas certain d’assister
au congrès du parti, en juin, qui décidera
du sort de Bernard Landry. Quelques jours après
le vote de confiance, il recevra son diplôme de
Harvard — une maîtrise en administration
publique. Puis il s’envolera vers Paris, à
l’invitation du ministère français
des Affaires étrangères, dans le cadre
d’un programme de deux semaines réunissant
des «personnalités d’avenir».
Il entend par la suite passer une partie de son été
dans le Nord québécois, notamment chez
les Cris, avant de s’installer à... Toronto!
Fin août, André Boisclair entrera chez
McKinsey & Company, une des plus importantes sociétés
de consultants de la planète. «J’ai
fait une demande d’emploi pour la première
fois de ma vie», rigole Boisclair. McKinsey a
un petit bureau à Montréal, mais lorsqu’on
a offert à l’ex-ministre de travailler
à Toronto, il n’a pas hésité.
«Oui, un souverainiste québécois
peut aller travailler à Bay Street!»
Pari risqué? Après tout, il s’agit
d’une culture des affaires qui lui est étrangère.
La perspective d’un échec ne lui fait pas
peur. «Ça vient de notre père»,
explique Philippe, son frère cadet, associé
dans une entreprise pancanadienne de courtage de bois
dont le siège est à Montréal. «Notre
père a connu un échec financier et s’est
repris. Il a toujours parlé de ça de façon
très philosophique. Nous ne craignons donc pas
de sortir de notre zone de confort, de ne pas toujours
avoir du succès.»
Les frères Boisclair ont grandi à Outremont.
L’actuelle présidente du Conseil du Trésor,
la libérale Monique Jérôme-Forget,
et son mari, Claude, ministre sous Robert Bourassa,
étaient des proches de la famille. André
Boisclair se trouvait au Centre Paul-Sauvé, en
1980, lorsque le premier ministre du Canada, Pierre
Elliott Trudeau, a déclaré qu’un
Non au référendum sur la souveraineté
du Québec était un Oui au renouvellement
du fédéralisme. Il a fait du porte-à-porte
avec Monique Ryan, la fille du chef du camp du Non,
Claude Ryan. Celle-ci a depuis épousé
le meilleur ami d’André Boisclair, Marc-André
Blanchard... l’actuel président du Parti
libéral du Québec! «J’avais
14 ans en 1980, raconte André Boisclair. Si j’avais
pu voter, j’aurais voté non.»
Jacques Parizeau dit être devenu souverainiste
lors d’un voyage en train vers l’Ouest canadien.
André Boisclair, lui, le serait devenu à
l’occasion d’un voyage dans l’est
du Québec. «J’ai découvert
une tout autre réalité», dit-il.
Un Québec plus pauvre, où des gens brillants
ne pouvaient développer leurs talents faute de
moyens ou d’accès à l’éducation.
Il dit avoir constaté à quel point l’éducation
devait devenir un projet de société pour
les Québécois. Pendant ce voyage, il est
tombé amoureux d’un Québec qu’il
ne connaissait pas jusque-là.
Son implication au sein du mouvement étudiant,
qui grouille alors de souverainistes, y est sans doute
pour quelque chose aussi (en 1984, il préside
la Fédération des associations étudiantes
collégiales du Québec). Peu après,
il achète sa première carte de membre
du Parti québécois... à Bernard
Landry — qu’il a appuyé lors de la
course à la direction de 1985. «Bernard
Landry m’a le premier fait comprendre que souveraineté
et mondialisation n’étaient pas incompatibles.
Avant ça, j’avais toujours craint que la
souveraineté ne soit une occasion de repli.»
C’est cependant Jacques Parizeau, récemment
élu à la direction du parti, qui remarquera
le nouveau président du Comité national
des jeunes, en 1988. Et qui le convaincra de se présenter
dans Gouin l’année suivante.
À l’époque, Louise Harel et son
mari, le député Michel Bourdon (aujourd’hui
décédé), ont milité en sa
faveur. «André, c’est un gagnant.
Jeune, déjà, il avait du leadership, du
courage. Et il était capable de sortir des rangs
pour critiquer son parti. Je me retrouvais un peu en
lui. Je lui ai souvent dit pour blaguer que j’aurais
pu être sa mère!»
Destin ou hasard, André Boisclair a souvent
marché dans les pas de la députée
d’Hochelaga-Maisonneuve. Il lui a succédé
comme ministre de l’Immigration, puis ministre
délégué aux Relations avec les
citoyens (autrefois l’Immigration et les Communautés
culturelles) — de 1996 à 1998, période
où il est en psychanalyse. Enfin, il lui succède
à la Solidarité sociale, puis aux Affaires
municipales et à la Métropole.
C’est à l’Environnement, de 2001
à 2003, qu’il se fera le plus remarquer.
Moratoire sur les nouvelles porcheries, politique nationale
de l’eau, campagne pour la ratification du protocole
de Kyoto, augmentation des aires protégées
de 2% à 5%, enquête sur la forêt,
fin du programme des petites centrales hydroélectriques...
Si dans le milieu de l’agriculture on ne le regrette
pas, en environnement, les militants ont gardé
de beaux souvenirs. «C’était un bon
ministre, dit Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace
au Québec. L’un de ses grands mérites
aura été de donner au ministère
de l’Environnement un prestige qu’il n’avait
pas. Ce ministère a pris de l’importance
grâce à lui.»
Le poste permettra au politicien de se faire remarquer
à l’extérieur du Québec.
Lors du débat sur la ratification du protocole
de Kyoto, relatif à la réduction des gaz
à effet de serre, il est l’instigateur
d’une coalition des provinces. Celle-ci poussera
le fédéral à respecter ses engagements
dans ce dossier, malgré l’opposition farouche
de l’Alberta et l’appui mitigé de
l’Ontario. Ses pairs canadiens seront impressionnés,
ses collègues au Conseil des ministres aussi.
C’est en effet au cours de cette période
qu’on commence à le considérer comme
un candidat sérieux à la succession de
Landry. «C’est phénoménal,
la capacité d’André de se saisir
d’un dossier complexe et d’en connaître
les tenants et les aboutissants quasiment mieux que
les sous-ministres, affirme Louise Harel. Mais c’est
à la fois une qualité et un défaut
en politique. La population en général
n’est pas portée vers les premiers de classe.
La politique est un métier de généraliste.»
Il n’y a pas que dans le monde de l’agriculture
qu’André Boisclair ne fait pas l’unanimité.
D’aucuns, dans le milieu gai, n’acceptent
pas son manque d’enthousiasme, voire son indifférence,
dans leur lutte contre la discrimination.
André Boisclair n’a jamais caché
son homosexualité, mais n’en a parlé
publiquement qu’en 2000, dans l’hebdomadaire
montréalais Voir. «Je ne retire aucune
fierté de mon orientation sexuelle», a-t-il
martelé alors pour expliquer sa non-participation
au défilé de la Fierté gaie.
«Je ne le redirais pas aujourd’hui»,
concède-t-il.
L’homme n’a jamais voulu être le
«politicien gai» de service. Son orientation
sexuelle n’a jamais posé problème
non plus. Mais à Harvard, il côtoie des
étudiants venant de pays où l’homosexualité
demeure un crime. L’un d’eux l’a même
qualifié d’«immoral». «Je
n’avais jamais vécu ça au Québec
de façon aussi directe ou crue.»
André Boisclair est un amateur de sports. Son
corps svelte en témoigne. À Boston, il
est devenu un adepte du cardio-vélo (spinning)
— ces exercices en groupe sur vélos stationnaires,
avec entraîneur vociférant et musique à
l’avenant! En attendant bien sûr sa prochaine
escalade. Il a déjà conquis le Kilimandjaro,
avec son frère et trois amis. Il aurait voulu
être de la partie lorsque Philippe a gravi l’Aconcagua,
le plus haut sommet d’Amérique du Sud,
en début d’année, au profit de la
Société Alzheimer — maladie dont
souffre leur père. Les frères parlent
maintenant d’escalader le mont Vinson, en Antarctique,
ou le Denali (McKinley), en Alaska.
Quels autres sommets vise André Boisclair? «Je
n’ai pas besoin d’être premier ministre
dans ma vie, insiste-t-il. Je reviendrai en politique
si je sens que je peux servir. Il y a une prudence,
une sagesse dans mes choix, ce qui n’est pas incompatible
avec la capacité de prendre des risques.»
Risques. Et calculs. Deux ingrédients dont est
faite la politique. On peut penser qu’André
Boisclair fait un calcul en s’exilant temporairement
du Québec. Qu’il fait le pari que le poste
convoité se libérera au bon moment. Il
court cependant le risque de regarder passer le train.
Si, au printemps, la fronde contre Bernard Landry semblait
s’être calmée, le Parti québécois
pourrait se retrouver en pleine course à la direction
dès juin. Le troisième ingrédient
de la politique n’est-il pas l’imprévisibilité?
|